Poèmes
ClaudioSerraBrun et Musique l'Espagne et de l'Amérique
Le
poète argentin- espagnol Claudio Serra Brun dirige
cette collection CD, cassettes, infografías et
vidéoclips de ses poèmes illustrés par la musique
de compositores du vaste cadre de la culture latino-américaine.
Je garde l'espoir
avec de tendres plaintes d'enfant
caressé quand il dort.
Ainsi en rêve
tu cueilles toi, fleur sauvage,
eau profonde
du sud permanent
ma voix, ma main.
Fidèle à ces heures où je t'évoque
rêve de moi,
ma main dans ta main
dénoue l'eau invisible de l'avenir
et à petits souffles
à murmures
réveille-toi et regarde
l'avenir
face à toi.
L'HISTOIRE OFFICIELLE
Une paupière s'ouvre
Compense un oeil qui rêve
Et un troisième complète le cycle
se refermant.
L'idéal de nos héros
s'est changé en mélasse lourde,
cire réduite,
tige immobile en pierre,
Alors que l'onction des saints
dans l'huile lourde
d'une machine propre
à fabriquer de sobriquets,
des phrases vides,
des tremblements mécaniques.
Une autre histoire nous touche,
et habite notre poitrine:
Elle est voluptueuse et pas rachetée.
Comme une vague qui deferle.
Éditeur web: ClaudioSerraBrun - Peut reproduire les textes propres,
citer seulement la source et l'Autor+link
Poesur. poesur@teleline.eshttp://www.poesur.com
Illusion savante
tu m'emportes en triomphe
et la force de mon sang
vient de toi.
La nuit calme
concilie les parties
arrachées par la conscience.
Des aurores avec toi
Il y en a en quantité.
Le cercle
que mes mains forment
s'ouvre sur le présent.
Et à ton souffle
j'apprends à voler.
BUDGET DE VIE
Les "hélas" qui se présentent
je les transfère au passé
comme le seul propriétaire.
Mon présent reste ouvert
comme une flamme.
Les "jamais" je les garde
dans un puits d'eau
pour que lentement
ils tombent amoureux des étoiles.
Et les "toujours" je les porte
en ligne tangente
qui lie mes yeux et la pénombre
d'une aurore
où mes pas s'en vont.
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Je reviendrai du demain
pour contempler la maison du passé.
Oh! les langues congelées, charbounes,
Le cri de la fumée absente des fenétres,
Le mur veut revenir enfin
Et le désordre des fibres
De la chair humaine ou des décombres
La fente vers le ciel
La solitude du silence qui allume
Cette fin terrible
Et l'horreur
La diaspore
La fuite de l'humain.
(Je reviendrai du demain
pour contempler la maison du passé:
Auschwitz, Hiroshima, Nagasaky,
Ruanda, Kosovo, Yugoslavie,
Verdun, Manchurie, Siberie et Granade:
La douleur des uns et les milliers,
L'horreur du pouvoir,
La diaspore,
La fuite de l'humain)
Sur mes pas, un filet coule,
une douce mélodie
ne me quitte pas,
ses notes se refont
et à chaque regard.
Et te voilà: Tu viens toi aussi.
Tu te rappelles l'amour?
Dans le village désert
les maisons sans toit,
les fenêtres aux yeux aveuglés
annoncent tous les "pourquoi".
Nous étions jeunes quand
nous nous tenions par la main,
Je me rapelle ta jupe bleue,
la charmante position
de tes pieds par terre,
La boucle lente de tes cheveux sur ton
épaule,
novant un éclat doré
venu de loin tes yeux.
Et contre le mur rangés
l'horizon s'est en fin ouvert,
Je ne pouvais pas le croire,
si longtemps rêvé et le voilà maintenant,
étranger aux cris de la garde,
et après cette rafale-là
qui passa audessus
comme un toit instantané,
un marlore sans air et éternel,
faite de bruits infinis
qui pèse la depuis lors,
au dessus de tous les mots.
(Du demain je reviendrai
a contempler la maison du passé:
Auschwitz, Hiroshima, Nagasaky,
Ruanda, Kosovo, Yugoslavie,
Verdun, Manchurie, Siberie et Granade:
La douleur des uns et les milliers,
L'horreur du pouvoir,
La diaspore,
La fuite de l'humain)
J'accède doucement à ton coeur.
Ma main se defait et se mèle
entre tes doigts:
À combien, à combien sommes-nous du demain?
À la distance d'un battement à l'autre.
Et le futur se lève
dans un effort immense
et se jette à la distance
d'un battement à l'autre,
pour le souvenir infini
de la folie des hommes.
(Du demain je reviendrai
a contempler la maison du passé:
Auschwitz, Hiroshima, Nagasaky,
Ruanda, Kosovo, Yugoslavie,
Verdun, Manchurie, Siberie et Granade:
La douleur des uns et les milliers,
L'horreur du pouvoir,
La diaspore,
La fuite de l'humain)
Tu te souviens de l'amour?
Maintenant je comprends la nuit.
Les vagues te rendent
un peu de toi,
et une fine mousse de mer
se pose sur ton visage:
Pour le pardon infini
de la folie des hommes.
EXIL
Je reconnais un temps
lointain,
perdu,
Mais le fruit des nuits
ne se reconnaît jamais.
Je parcours des espaces, des êtres
à peine aperçus,
la nostalgie de leur sang
évadée.
Je parcours l'infini
comme tant d'autres,
cherchant la place,
dépouillée,
la propre terre
dépossédée.
Je porte sur mes épaules
ce qui me manque
Et la main,
la froide condition
du dos.
(Je parcours l'infini
comme tant d'autres,
cherchant la place,
dépouillée,
la propre terre
dépossédée.
De bar en bar je me'enmènes
derrière les vitres
j'inspecte la nuit:
Les pas nomment
nos rivières
et une aurore fulgurante
à cadence de temps
attend
à nos côtés.
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citer seulement la source et l'Autor+link
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Combien de fois
J'ai pensé à toi
J'ai parcouru tes lèvres et le monde
infini de tes yeux,
comètes de doux cheveux,
pressentiment et ombre d'exister.
Tu étais une ligne parfaite
dessinée en cercles d'amour.
Et ainsi, épuisés,
nos corps abattus
s'allongent sur la plage
rougis et salés
égrenés par le désir
incessante comme la mer
qui s'élève et retombe
et se dresse et se répète chaque jour
au toucher inlhousiante
que seul le sommeil rachète
jaune par instants,
Sépare de la lutte
du feu et de l'eau
par la consommation totale.
COMMUNION DANS L'ÉGLISE DE YESTE, ALBACETE
(Les chemins s'ouvrent
de ce que je fus.
Les heures s'ouvrent,
l'air sur le visage;
La lumière esperée des aurores:
La promesse d'éternité de l'enfance. )
Après les heures les plus diaphanes
de l'aube,
le passage par les montagnes
a apporté lentement la lumière.
Presque à midi
la fontaine de la place
nous donna une eau
concrète dans son cristal limpide.
Et je suis allé là-bas avec les gens.
L'église dans le bruyant silence
de la foule blanche des enfants,
les navires sombres
pleins d'hommes et de femmes pensetifs
Et les pigeons ont commencé a voler,
et un chant sentimental
s'est élevé dans des bras tendres,
la communion de petites gorges
anhacées au ciel
dans la première et grave aspiration
d'être un aussi esprit,
d'arriver peut-être un jour
à l'amour aperçu,
au vol du pigeon blanc,
à l'horizon possible: